Vous avez dit « préparation mentale » ?

L’impact du mental sur la performance des athlètes est plus que jamais admis. De plus en plus d’athlètes et d’entraîneurs en sont d’ailleurs conscients. Le concept de préparation mentale, parallèlement à celui d’entraînement physique, technique ou tactique, se fait de plus en plus connaître. Elle vise l’amélioration du bien-être de l’athlète et de la performance sportive durant les compétitions, grâce au développement d’aptitudes psychologiques ou «habiletés mentales».

L’impact du mental sur la performance des athlètes est plus que jamais admis

Dans la préparation mentale, la perspective éducative et préventive est privilégiée. Il s’agit d’aider l’athlète à développer ses ressources pour atteindre son meilleur potentiel. Comme la préparation physique, elle concerne donc a priori tous les sportifs qui désirent développer une plus grande confiance en eux, un niveau plus élevé de motivation, de meilleures stratégies de contrôle de leur attention ou de leur anxiété. L’entraînement mental a pour but d’aider l’athlète à développer ces différentes qualités psychologiques. Il repose sur des habiletés de base qui sont la confiance en soi, la motivation et la fixation d’objectifs. Elles sont le socle à partir duquel se développera le parcours du sportif. Ces thématiques ont déjà fait l’objet de nombreux articles dans ce blog. J’y renvoie le lecteur intéressé.

Selon les recherches effectuées dans ce domaine,  trois « techniques » mentales semblent être les plus développées dans le travail avec les sportifs : relaxation, imagerie, dialogue interne.

Quels mots dès lors sur ces techniques :

LA RELAXATION

Il s’agit d’un processus important puisqu’il permet d’établir le niveau d’activation optimale avant une performance. La plupart des sportifs font l’expérience, à un moment ou un autre, d’un état d’anxiété pendant une compétition. Or, le stress et l’anxiété s’accompagnent toujours de tensions musculaires. En réussissant à détendre les muscles, le sportif parviendra par conséquent à éliminer les excès de tension neuromusculaire.

Nos 600 muscles travaillent en synergie dans une «  théoriquement » parfaite coordination au millième de millimètre.

Une situation de préoccupation, d’inquiétude, et le javelot déviera de sa trajectoire.

Imaginons un lancer de javelot : le biceps commence par se contracter fléchissant ainsi l’avant-bras. De façon coordonnée, le triceps relâché s’étend en suite projetant l’avant-bras sur l’alignement du bras. La propulsion du javelot constitue la réponse. Imaginez un instant que l’athlète soit crispé, même un tout petit peu.

Une situation de préoccupation, d’inquiétude,  va modifier ne fût-ce que quelque peu ce niveau tonique dans telle ou telle zone musculaire. Par conséquent, le mouvement s’en trouvera légèrement modifié. Le javelot déviera de sa trajectoire, le sprinter démarrera avec 21 centièmes de secondes de plus, le tireur verra sa balle se loger 1 cm trop à gauche, le triathlète peinera à terminer sa compétition, le cavalier distillera sa tension à son cheval etc.

Nos 600 muscles travaillent en synergie dans une « théoriquement » parfaite coordination au millième de millimètre.

La méthode la plus employée et qui a démontré son efficacité physiologique (pour une revue, voir Le Scanff, 1990) est la relaxation progressive de Jacobson. L’essentiel de la méthode est « une réduction progressive et volontaire de la contraction ou du tonus de l’activité de groupes musculaires ainsi que du système nerveux correspondant».

Réduire les effets secondaires du stress, à réguler les tensions émotionnelles

LE DIALOGUE INTERIEUR

Pour certains auteurs, la clé du contrôle cognitif est le fait de pouvoir contrôler positivement la façon dont on se parle. Ce dialogue, qui ne s’adresse qu’à soi-même, est défini par Hackfort et Schwenkmezger (1993) : « Dans un dialogue interne, l’individu interprète ses sentiments et ses perceptions, régule et modifie ses convictions et ses évaluations, et se donne à lui-même des instructions et des renforcements. Comme tel, un rôle aussi central est attaché au langage dans le développement du processus de penser et, comme penser est intégré à l’action, les comportements peuvent êtres modifiés au moyen de formes spécifiques de dialogue interne et externe.»

Ce que l’athlète se dit à lui-même est donc de la plus haute importance. Mais, sans même que des paroles soient réellement formulées, le contenu de la pensée revêt déjà une importance décisive sur le comportement d’un sujet. Plusieurs recherches ont d’ailleurs montré que le contenu de la pensée et le dialogue interne sont des prédicteurs importants de la réussite sportive.

Le dialogue intérieur devient destructeur, quand un sujet s’engage dans une auto-évaluation ou étiquetage de lui-même « perdant ». Quand des sujets ont cette perception négative d’eux-mêmes, ils vont souvent se conduire d’une façon qui confirme leur perception et, ainsi, se prouver qu’ils avaient raison.

Le dialogue intérieur devient destructeur, quand un sujet s’engage dans une auto-évaluation ou étiquetage de lui-même « perdant ».

Le dialogue intérieur devient soutenant, quand un athlète s’engage dans une vision de lui-même « positive », en tous les cas au niveau de la confiance en soi et du contrôle de l’anxiété. Mais en préparation mentale le dialogue intérieur est aussi utilisé pour l’acquisition d’habileté, le contrôle de l’attention et la persévérance.

L’IMAGERIE

L’imagerie est un des processus les plus utilisés dans la préparation mentale des sportifs. Orlick et Partington (1988) rapportent que 99 % des 235 athlètes de leur étude déclarent utiliser l’imagerie et la grande majorité estime que ce processus a des effets bénéfiques sur leur performance.

Mais qu’est-ce que c’est ?

L’imagerie mentale consiste à créer ou à recréer une expérience, une situation, un geste dans sa tête.

L’imagerie mentale consiste à créer ou à recréer une expérience, une situation, un geste dans sa tête. Tous les sens peuvent être mobilisés. Ainsi une image peut être visuelle (par exemple, je me vois faire mon mouvement), kinesthésique (= issues des sensations proprioceptives du mouvement)  (je ressens musculairement les sensations liées à l’impulsion, à l’élévation, à la réception…), auditive (j’entends le bruit de la frappe de balle, du public qui applaudit), olfactive et gustative (ces 2 dernières me semblent pas avoir moins de pertinence en sport). Ces différentes modalités sensorielles peuvent être toutes associées ou utilisées de manière isolée.

L’imagerie est un outil qui offre de nombreuses possibilités, à condition de savoir précisément ce que l’on veut en faire. La clé de l’utilisation de l’imagerie est simple mais il faut apprendre à l’utiliser efficacement. Ce qui est imaginé, dépend de ce que le sportif cherche à faire : pour la gestion des émotions devant un public, pour travailler une nouvelle technique, pour travailler les aspects tactiques.

Ce qui est imaginé, dépend de ce que le sportif cherche à faire : pour la gestion des émotions devant un public, pour travailler une nouvelle technique, pour travailler les aspects tactiques.

Je vois souvent qu’on utilise indifféremment les termes de préparation mentale,  suivi ou accompagnement psychologique ou encore coaching mental. Or, ces termes ne recouvrent pas le même sens.

Le psychologue du sport  possède un titre et un statut de psychologue protégé régi par un code de déontologie. Dès lors que l’intervention a pour objet le traitement de pathologies induites par une activité extra-sportive ou sportive, on entre dans le champ thérapeutique et cela ne concerne plus la préparation mentale mais relève davantage d’un suivi psychologique.

Je préfère donc  réserver l’appellation « préparation psychologique » aux psychologues et aux médecins  et utiliser l’appellation de « préparateur mental » pour les pédagogues du sport comme moi.  Si j’ai suivi la formation de « Psychologie de la performance sportive » à l’Université à Louvain-la-Neuve, je ne suis pas pour autant diplômée en psychologie.

Pour en savoir davantage sur ces notions, découvrez le travail de Gillian Hermand : https://vimeo.com/236321882

Si toutes ces techniques peuvent apporter du positif, il faut surtout se rappeler, qu’en premier lieu, entre un préparateur mental et un sportif, c’est d’une relation entre deux être humains qu’il s’agit … avec au moins un objectif commun : le bien-être dans la performance.

Intéressé ? Contactez-moi pour un rendez-vous ! La première séance est gratuite : brigitte@challengeU2.be

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