Elargir sa zone de confort pour repousser ses limites

Beaucoup d’entre nous avons regardé avec émotion les championnats du monde d’athlétisme. Nombre de ces athlètes nous ont impressionnés. Car on le sait : devenir un athlète de bon/haut niveau n’est pas une mince tâche.

Comme je l’ai mentionné dans l’un de mes articles (Les 5 piliers) il faut devenir fort techniquement, physiquement, tactiquement et psychologiquement, sans oublier l’attitude.

Pour se développer sur l’ensemble de ces aspects, le temps et les efforts doivent être au rendez-vous. Cela requiert sans doute des sacrifices et surtout de nombreuses heures d’entraînement pour améliorer son mental, sa technique, son physique, ses tactiques … sans parler de la nécessité d’avoir une hygiène de vie exemplaire : manger sainement et dormir suffisamment en sont des exemples.

Parfois quand on entre dans une période de stagnation, vient la nécessité d’adopter de nouvelles stratégies, afin de dépasser l’étape à laquelle on est. Parce que l’athlète qui fait sensiblement toujours les mêmes choses au quotidien atteindra tôt ou tard un plateau dans son cheminement. Or pour progresser, il faut développer sans cesse son potentiel et ses acquis. Pour progresser, il faut donc repousser ses propres limites !

« Globalement, la motivation de base pour beaucoup de nos comportements et décisions, c’est l’évitement de l’inconfort. C’est ce qui nous dirige vers ce qui nous fait du bien ». Ilios Kotsou, chercheur à l’UCL, spécialiste de l’intelligence émotionnelle et de la psychologie positive.  C’est ce qu’on appelle notre zone de confort.

La zone de confort, c’est là où tu te sens très bien, très confortable

C’est là où tu te sens très bien, très confortable, où tu maîtrises ce que tu fais, où tu connais les exercices que tu dois faire, où les efforts réalisés sont loin d’être excessifs. Cette zone peut être extrêmement utile dans le quotidien, pour avoir une certaine stabilité : les habitudes nous permettent d’aller chercher de la constance. Mais, si cette zone est confortable, elle comporte aussi des pièges. Si tu ne l’élargis jamais, tu finiras par tourner en rond, y ronronner et t’y endormir.

Si cette zone est confortable, elle comporte aussi des pièges

Pour aller dans ta zone de challenge, d’apprentissage … il faut un peu te forcer ! Plus on s’approche du bord de sa zone de confort, plus cela demande des efforts. Le fameux dépassement de soi, nécessaire pour accomplir des performances quel qu’en soit le domaine, tient d’abord à ça : apprivoiser ses inconforts pour pouvoir réaliser ce qui est important pour nous, même si c’est momentanément désagréable. En matière de sport, les débuts sont toujours les plus ardus, mais une fois qu’on ressent les bénéfices de la pratique, on poursuit plus facilement.

Les 3 zones : zone de confort, zone de challenge et zone de danger

Pour Jean Colinet (ancien athlète haut niveau (Basket), spécialisé en préparation mentale et psychologique auprès des athlètes et l’un de mes professeurs), « ce dépassement de soi est aussi synonyme d’un engagement total. Quand on se livre à 100 %, on se fragilise parce qu’on donne tout ce qu’on a en sachant que c’est nécessaire ». Les athlètes qui souhaitent atteindre le haut niveau ont un rêve. Pour atteindre ce rêve, ils mettent en place des stratégies qui les emmènent forcément en dehors de leur zone de confort. Il est dès lors essentiel pour se dépasser, avec l’aide de l’entraîneur, de se fixer des objectifs cohérents et de nouvelles façons de faire. Le dépassement de soi nous emmène donc à l’extérieur de notre zone confortable, dans une zone de challenge, d’apprentissage … qui peut sembler un peu inconfortable. Mais il s’agit d’une zone qui va nous permettre de progresser, d’une zone où nous nous mettons au défi, une zone qui nous booste, une zone qui nous déstabilise un temps seulement … jusqu’à ce que cette zone devienne à son tour « zone de confort ». C’est là, dans cette zone de défi, que tu vas mettre tes capacités à l’épreuve (tes capacités physiques et tes capacités psychologiques).

C’est dans cette zone de challenge que tu vas mettre tes capacités à l’épreuve

Ton entraînement sera plus dur, plus long, plus intense … Tu vas en ressortir plus épuisé, plus essoufflé, avec mal aux jambes … mais quelques heures plus tard, ton énergie sera intacte et quelques jours plus tard, ton corps sera habitué à ce nouveau régime et tu auras progressé : ton cœur soutiendra mieux le rythme, tes muscles se développeront, tes mouvements seront plus précis et surtout … ton mental va grimper en flèche. Tu auras mordu sur ta chique, tu y auras mis tes tripes, tu verras objectivement que tu auras progressé. Tu te sentiras content et fier. Tu auras changé ton état d’esprit.  Et au final, tu n’auras plus peur d’être confronté à des défis, des challenges puisque tu sais que tu sais faire face ! Et le plus drôle dans tout cela ? C’est que tu vas adorer !

C’est ainsi, au fil des années, qu’un sportif devient athlète, et qu’un athlète devient champion. Ce n’est que la somme de petits stress qui ont été surpassés durant tout un parcours, durant toute une vie.

Le tout est donc de le DECIDER. Parce que le progrès  ÇA SE PASSE DANS VOTRE ZONE DE CHALLENGE !

Qu’est-ce qui retient les athlètes dans leur progression ? Dans la majorité des cas, le problème vient de l’état d’esprit. Cette barrière doit être surmontée puisque dans tous les domaines de la vie, c’est votre état d’esprit qui permet d’ouvrir de nouvelles portes et des opportunités qui jusque-là n’avaient jamais été explorées.

C’est votre état d’esprit qui permet d’ouvrir la bonne porte

L’objectif est d’essayer de te rendre meilleur avec de nouveaux objectifs et de nouvelles méthodes.

A l’entraînement, sors de ta routine (dans le contexte de la compétition par contre, les routines sont très importantes). Reste curieux et ouvert au changement. En se fermant aux nouvelles possibilités, tu risques de passer à côté d’idées qui pourraient se traduire en quelque chose d’encore mieux. Sois curieux sur les manières dont tu peux te préparer et t’entraîner de manière plus optimale. C’est à toi de décider de la grandeur des pas que tu as envie de faire en dehors de ta zone de confort.

N’aie pas peur du regard des autres (cela s’apprend petit à petit, car dans ta zone de confort, personne ne te regarde) et surtout écoute attentivement les suggestions de ton entraîneur. Il est là pour t’accompagner et te faire grandir. À toi de prendre tout ce qui est à ta portée. En d’autres mots, discute avec ton entraîneur, pose-lui des questions, cherche à comprendre et essaye vraiment ce qu’il te suggère. Si tu gardes l’esprit ouvert, tu auras très certainement de belles surprises !

Reste curieux et ouvert au changement

Sortir ou élargir sa  zone de confort n’est pas toujours facile et peut comporter certains risques. Il est possible que ta nouvelle technique ou que ton ajustement n’apporte pas tout à fait ou pas directement  les résultats escomptés. D’un autre côté, il se peut que cela devienne la meilleure décision que tu aies prise de ta carrière sportive.

« L’échec, le vrai, ne survient que lorsque nous n’avons pas réussi à faire ressortir tout le potentiel qui dort en nous ». J. Lelièvre.

Bon travail ! Bon succès!

PS : la zone en rouge représente l’endroit où l’on ne souhaite pas vraiment aller. C’est une zone d’inconfort, une zone de panique. Forcer un athlète à aller jouer dans cette zone n’est pas lui rendre service, bien au contraire. L’entraîneur a donc la tâche délicate d’amener son athlète dans la zone d’apprentissage sans lui faire visiter pour autant la zone de panique.

 

 

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