Le soutien à l’autonomie (2) : l’entraîneur

A la suite de l’article présentant l’importance des 3 besoins fondamentaux que tout sportif chercher à combler : Les 3 besoins fondamentaux, nous abordons plus spécifiquement ici le besoin de l’autonomie et le rôle dévolu à l’entraîneur dans ce cadre.

Les relations interpersonnelles jouent un rôle important dans le développement et la motivation des individus. Dans plusieurs domaines de vie tels que l’éducation et les soins de santé par exemple mais aussi  le sport, les relations interpersonnelles se retrouvent sous forme hiérarchique (supérieur/subordonné). Les contextes interpersonnels sont généralement décrits comme soutenant l’autonomie ou comme étant contrôlant. Or, le style de la personne en position d’autorité s’avère déterminant pour le développement de la motivation du subordonné. Parmi les différents styles interpersonnels, le style qui soutient l’autonomie, proposé par la théorie de l’auto-détermination  (Deci et Ryan), semble apporter plus de conséquences positives pour l’individu, et ce, dans divers contextes.

Le style de l’entraîneur s’avère déterminant pour le développement de la motivation.

La TAD ou théorie de l’auto-détermination (Deci et Ryan, 1985, 2000, 2002) est une théorie de la motivation humaine postulant que l’être humain est un organisme actif, orienté vers la croissance personnelle et l’actualisation de soi. Selon la TAD, l’être humain est naturellement enclin à s’engager dans des activités qu’il considère intéressantes. L’individu est alors motivé de façon intrinsèque puisqu’il s’engage dans l’activité pour le plaisir que celle-ci lui procure. Il s’y engage par choix et de manière assumée, cette activité ayant du sens pour lui. On parle alors de motivation intrinsèque, c’est-à-dire d’une motivation cohérente avec ses intérêts et ses valeurs. A l’inverses des comportements autodéterminés, il y a les comportements dit contrôlés qui sont émis en raison d’une pression provenant d’une source externe (une récompense, par exemple) ou interne (la culpabilité). Selon la TAD, l’environnement social a un effet important sur la satisfaction des besoins et donc sur la motivation intrinsèque.

Il ressort de plusieurs expériences qu’une personne en position d’autorité (par exemple un entraîneur) qui soutient l’autonomie de son athlète lui apportera persévérance et motivation.

Les résultats d’une première étude réalisée par Pelletier, Fortier, Vallerand et Brière (2001) auprès de 369 nageurs de compétition évoluant au sein de 23 équipes différentes indiquent que plus les nageurs perçoivent leur entraîneur comme soutenant leur autonomie, plus ils présentent une motivation autodéterminée à l’égard de la natation. En retour, plus les nageurs sont motivés de façon autodéterminée au premier temps de mesure, plus ils persistent dans la pratique de leur sport, tel que mesuré 10 mois et 22 mois plus tard.

D’autres chercheurs se sont intéressés à des gymnastes ; ceux-ci ont complété différentes mesures avant, pendant et après les séances d’entraînements, et ce, pendant 4 semaines. Les résultats indiquent d’abord que, plus l’entraîneur est perçu comme soutenant l’autonomie, plus la motivation des gymnastes est autodéterminée et plus leur taux de présence aux entraînements est élevé. Le soutien à l’autonomie perçu lors de séances d’entraînement montre une augmentation des affects positifs, de l’estime de soi et de la vitalité au cours de cette séance.

Enfin, une étude réalisée auprès de sportives pratiquant l’aérobie indique que les participantes qui ont l’illusion d’avoir effectué un choix quant à la musique entendue dans le cours présentent une motivation intrinsèque plus élevée que les participantes d’un groupe témoin, qui n’ont pas eu de choix à faire (Dwyer, 1995).  Une deuxième étude (Edmunds, Ntoumanis & Duda, 2008) dans le même contexte montre qu’après avoir suivi un cours d’aérobie pendant dix semaines dans une condition où l’instructrice soutenait l’autonomie, une augmentation significative de la satisfaction des besoins psychologiques et de l’affect positif est observée chez les participantes. En outre, les participantes dans la condition « soutien à l’autonomie » affichent un taux de présence plus élevé que les participantes du groupe témoin.

Importance du soutien à l’autonomie pour le développement et la motivation des sportifs.

Ces quelques expériences mettent en évidence l’importance du soutien à l’autonomie pour le développement et la motivation des sportifs. En adoptant un style interpersonnel qui favorise la satisfaction du besoin d’autonomie, l’entraîneur peut faciliter la  motivation autodéterminée, l’apprentissage et le bien-être de ses élèves. Notons cependant que pour ressentir ce soutien à l’autonomie, il faut se placer du côté des athlètes car plusieurs études montrent que ce n’est pas l’environnement en soi qui compte, mais plutôt la perception que l’individu a de cet environnement. Les relations interpersonnelles peuvent ainsi avoir une signification qui diffère en fonction des individus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.