Etre exigeant à l’entrainement …. mentalement aussi

Le concept de force mentale, parallèlement à celui d’entraînement physique, technique ou tactique, se fait de plus en plus connaître. Le sport ne se résume pas seulement à de la force, de la vitesse, de l’endurance ou de la technique. Ces facteurs jouent un rôle important mais le mental permet de les décupler. Il ne faut pas sous-estimer cette force mentale ; elle est également primordiale. Alors entraînez-vous !

La force mentale est primordiale – (c) Lotus et Bouche couse

Première étape : se connaître soi-même

Au niveau technique et physique, les sportifs se donnent les moyens de connaître leurs forces et leurs faiblesses.  La vidéo, par exemple, fournit une vue nette du sportif en mouvement. Il peut se rendre compte en se voyant lui-même des maladresses et des belles choses qu’il commet et ainsi travailler pour renforcer ou corriger. Et ceci, qu’il soit cavalier, escrimeur, rameur, golfeur, footballeur, …

Mais au niveau mental et émotionnel, bien se connaître soi-même est aussi un formidable pilier sur lequel vont se bâtir l’autonomie et la confiance en soi. En compétition, le sportif est placé dans des situations exceptionnelles qui vont le conduire à tester ses limites psychologiques et celles de son corps. La connaissance de soi permettra de mieux y faire face. Apprendre le sang-froid, la résistance, le sérieux, la discipline, la présence d’esprit, la dignité, l’humilité. Se rendre indépendant des événements extérieurs. Apprendre à croire en soi, être capable de mieux gérer ses expériences, être conscient de son état d’esprit, prendre conscience de ses émotions …

‘Connais-toi toi-même’, ce précepte, que la sagesse antique semble avoir forgé pour le sportif, s’applique exactement au sportif et répond aux nécessités de ses progrès et de son perfectionnement : techniquement, tactiquement et mentalement bien sûr. Les points communs entre l’athlète et l’idéal antique sont nombreux. Une manière de s’interroger, de se remettre en question, une forme de souci de soi.

Ce « qui tu es », c’est ce qui fait de chacun de vous une personne extraordinaire et unique.

Ce « qui tu es » fait de chacun de vous une personne extraordinaire et unique

Et c’est en prenant conscience de vos forces, de vos qualités, de vos atouts, de vos bons coups, que vous pourrez y revenir puiser la force de rester confiant. La confiance n’arrive pas par accident. Il faut la travailler et l’entretenir. On doit y mettre de l’énergie. Si on l’entretient, si on lui donne les répétitions, le cerveau emmagasine les bonnes infos et grandit, comme un muscle.

La première chose à faire est d’établir sa base, sa structure : prendre conscience de ses forces, ses qualités, ses bons coups. Qu’est-ce que vous possèdez pour être une personne unique ? Prenez une feuille et crayon et identifiez vos 5 à 10 plus grandes qualités. Ciblez, identifiez ce que vous faites de bien. Qu’est-ce que je maitrise ? quels sont mes atouts ? Si je ne connais pas ces réponses, comment puis-je avoir confiance en moi ? Vos 5 plus grandes qualités …. c’est votre base que vous ferez évoluer au fil de vos entraînements et de vos compétitions.

Deuxième étape : se fixer des objectifs d’entraînement

Pourquoi allez-vous vous entraîner ? Que comptez-vous améliorer aujourd’hui ? Parmi vos ressources, lesquelles voulez-vous développer aujourd’hui ? Il faut se poser ce type de question avant de démarrer chacun de vos entraînements.

Ce qu’on se fixe à l’entraînement, ce sont des objectifs de processus. Ce type d’objectif est basé sur l’exécution et la forme d’un mouvement, d’une habileté, d’un geste technique ou d’une stratégie. L’immense intérêt de cet objectif, c’est qu’il est entièrement dans le contrôle de la personne et ne dépend que d’elle. Exemple : un joueur de golf qui souhaite améliorer son putting. Il pourrait, par exemple, s’entraîner à garder la position de sa face de club bien perpendiculaire et non pas s’entraîner en ne cherchant qu’à rentrer des putts de 2 m.

L’objectif de processus est basé sur l’exécution et la forme d’un mouvement, d’une habileté, d’un geste technique ou d’une stratégie

De son côté, le joueur de tennis voulant améliorer son pourcentage de première balle en jeu au service pourrait se donner comme objectif de processus de travailler davantage son lancer de balle. Ces objectifs nous orientent vers des comportements dans le but de les rendre de plus en plus efficaces, indépendamment du résultat.

Finalement, l’objectif de processus c’est quelque chose qui est 100% dans notre contrôle et qui contribue à améliorer notre efficacité dans notre sport. Atteindre ces objectifs va vous donner confiance (« je sais que je suis capable de lancer ma balle convenablement ») et va vous entraîner aussi à orienter votre attention.

Les entraîneurs peuvent aider ces élèves à fixer des objectifs appropriés

La détermination d’objectifs est une composante clé en matière d’apprentissage. En particulier, le fait de déterminer des objectifs va aider les sportifs qui n’ont pas une vision réaliste de leurs points forts et de leurs faiblesses. Les entraîneurs peuvent aider ces élèves à fixer des objectifs appropriés, à choisir des stratégies d’apprentissage efficaces pour atteindre ces objectifs, à déployer des efforts dans ce but et à célébrer les résultats qu’ils obtiennent.

Troisième étape : s’auto-évaluer pour mesurer son progrès

L’auto-évaluation du sportif est le processus par lequel il recueille des données et réfléchit à son propre apprentissage. C’est l’évaluation, par lui-même, de ses propres progrès en matière de connaissances, de compétences, de processus ou de comportement. L’auto-évaluation donne au sportif une conscience et une compréhension accrues de lui-même  en tant qu’apprenant.

Les sportifs ont besoin d’apprendre à évaluer leurs propres progrès en se posant quelques questions-clés sur le niveau actuel de leur apprentissage : à quel stade en suis-je aujourd’hui ? Quel stade est-ce que je souhaite atteindre ? Que dois-je faire pour y parvenir ? Comment saurais-je que j’ai atteint mon objectif ?

Les sportifs ont besoin d’apprendre à évaluer leurs propres progrès en se posant quelques questions-clés sur le niveau actuel de leur apprentissage

Il n’y a pas de développement de compétences sans auto-évaluation. Donc à la fin de votre entraînement, il faut vous poser les questions suivantes. Est-ce que j’ai progressé ? Dans quels domaines ? Et identifier les facteurs qui vous ont aidés à réussir : cela vous permet de renforcer ces manières de faire et de les réutiliser à l’avenir.

L’auto-évaluation, loin d’être un luxe, est en réalité une composante essentielle de l’entraînement. Pour toute personne qui essaie d’apprendre, le feedback sur ses efforts comporte trois éléments : la conscience de l’objectif à atteindre, des indications sur son niveau actuel, et une certaine compréhension de la façon de combler l’écart entre les deux premiers points. Il est indispensable de comprendre ces trois éléments, dans une certaine mesure, si l’on veut améliorer son apprentissage. Pour que l’évaluation formative soit efficace, les sportifs devraient être formés à l’autoévaluation de manière à comprendre les principaux objectifs de leur apprentissage et, par conséquent, ce qu’ils doivent faire pour y parvenir.

Avantages pour les élèves

  • Les athlètes apprennent à mieux rectifier le travail qu’ils sont en train de faire en vue d’en améliorer la qualité
  • Responsabilisation accrue des sportifs à l’égard de leur propre apprentissage, en raison du nombre accru de possibilités d’autoréflexion
  • Développement et perfectionnement de l’aptitude des élèves à la pensée critique
  • En créant quelques indicateurs pour mesurer votre état d’esprit au fil du projet (Comment avez-vous passé cet entrainement ? Vos entraînements avancent-ils comme vous voulez ? Etes-vous satisfait du résultat en tant que tel ? Prenez-vous du plaisir à effectuer ces tâches ?), vous verrez ainsi ce qui vous a le plus plu, ce que vous avez aimé faire, les résultats qui vous ont procuré le plus de plaisir. Cette satisfaction est importante, car elle vous permettra de rester motivé pour la suite de votre projet et réaliser vos rêves.
Etes-vous satisfait du résultat en tant que tel ? Prenez-vous du plaisir à effectuer ces tâches ?

Travail pour les entraîneurs

  • Aider les élèves à élaborer des plans d’action réalistes qui sont concrets et directement liés aux objectifs qu’ils ont choisis.
  • Établir, avec vos élèves, les points forts et les lacunes de leur apprentissage en analysant différents types de données.
  • Suivre les progrès des athlètes au fur et à mesure qu’ils mettent en œuvre leurs plans d’action.
  • Faire revenir régulièrement les élèves sur leurs objectifs à long terme et discuter avec chaque sportif de son ou ses objectifs.
  • Demander aux élèves de fournir une réflexion écrite sur leurs objectifs et sur les efforts qu’ils ont déployés pour les atteindre – les élèves auront peut-être besoin de conseils pour distinguer leurs points forts et les points à améliorer.
Lorsque les sportifs déterminent avec assurance des objectifs d’apprentissage d’une certaine difficulté, mais réalistes, puis déploient les efforts, l’énergie et les ressources nécessaires pour réaliser ces objectifs, leur apprentissage suit une courbe ascendante

Lorsque les sportifs déterminent avec assurance des objectifs d’apprentissage d’une certaine difficulté, mais réalistes, puis déploient les efforts, l’énergie et les ressources nécessaires pour réaliser ces objectifs, leur apprentissage suit une courbe ascendante. En enseignant précisément aux sportifs la manière de fixer des objectifs appropriés et d’évaluer leur travail de façon réaliste et juste, les entraîneurs peuvent contribuer à cette amélioration de l’apprentissage et de la confiance en soi.

 

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