L’échec est essentiel pour s’améliorer

L’échec et le succès sont-ils des mots contraires ? Pas si sûr. L’un comme l’autre ont le mérite de nous confronter au réel.
D’après le philosophe Charles Pépin, pour qu’il y ait échec, il faut remplir deux conditions : d’un côté que la rencontre entre un projet et le réel se soit mal passée, de l’autre le fait de mal le vivre, de «ressentir» le sentiment d’échec. Après tout, il est possible de rencontrer cet écart entre mon projet et le réel et de ne pas le vivre mal ! C’est le sentiment d’échec qui est intéressant, justement parce qu’il est subjectif, et qu’il amène des questions. Il faut se méfier lorsqu’on n’a pas assez le sentiment d’échec. Un échec questionné est souvent plus riche qu’un succès non questionné …

Alors comment avaler la pilule ? comment faire de l’échec un tremplin et non un naufrage ? Comment retrouver sa confiance en soi et sa motivation ?
Pour qu’un échec soit utile, il faut réunir trois exigences. La première est d’écarter tout déni de cet échec. Bien sûr, qui se réjouit de trébucher ? Cependant admettre la débâcle limite la répétition des mêmes erreurs. « La vraie mesure du courage n’est pas votre atteinte ou non de votre objectif. C’est la décision que vous prenez de vous relever à chaque fois que vous êtes tombés » – Oprah Winfrey. La seconde est de ne pas s’identifier à cet échec : bien faire la distinction entre « être un raté » et « avoir raté ». Distinguer « mon échec » et l’échec de mon « moi ». Enfin, troisièmement, le plus important, c’est de prendre le temps d’interroger cet échec, d’y réfléchir. La première vertu de l’échec est de nous obliger à nous arrêter un peu……Identifier ses ratés permet une correction plus rapide. Mais c’est souvent là que le bât blesse. En niant leurs échecs, les sportifs ne changent pas de comportement, de raisonnement. Sans ajustement et adaptation, chaque tentative infructueuse se soldant par un échec nous laissera un goût amer.

Or, un échec ne doit pas vous faire rebrousser chemin, cela reviendrait à refuser l’idée même de progresser. Etre déçu, c’est être vexé, fâché, contrarié, désenchanté, dépité, désabusé ou tout simplement « dégoûté » ! C’est la sensation désagréable d’être en deçà de ce qu’on espérait, de ne pas avoir atteint ses objectifs. Mais cela fait partie de l’apprentissage !

Avec la prise de conscience, il est primordial de prendre le temps de digérer la défaite, en acceptant les émotions qui se présentent. Des athlètes ont même établi des règles à ce propos. Roger Federer ne prend aucune décision importante dans les 24h qui suivent une défaite.
Vient ensuite le temps de l’analyse. Cela demande de l’honnêteté, de la pertinence et une grande lucidité sur l’analyse de sa performance. Il peut être précieux de solliciter des personnes extérieures à ce sujet, son coach, son entraîneur, mais aussi son équipe ou des supporters éclairés.

Vient le temps de l’analyse. Cela demande de l’honnêteté, de la pertinence et une grande lucidité sur l’analyse de sa performance.

En fait, il faudrait être capable de s’arrêter et de «brainstormer» après nos échecs comme après nos succès … Les succès peuvent endormir. Il faut apprendre à les gérer et à les analyser, pour bien les comprendre et ne pas tomber de haut si cela s’arrête. Prenons Claude Onesta, considéré comme un entraîneur star après les dizaines de victoires et de titres obtenus avec l’équipe de France de handball. Il relativisait chaque victoire : au lieu de s’en contenter, il cherchait toujours à aller plus loin, à se réinventer. Comme après un échec finalement. Il faut avoir «la sagesse de l’échec» jusqu’au cœur du succès.

Pour résumer, pour rebondir après un échec, il faut :
1 – Gérer son émotion, digérer, l’accepter
Nous réagissons tous différemment : colère, tristesse, dégoût. Les émotions sont importantes, c’est ce qui fait de nous des êtres humains.
Suivant votre émotion, allez vous défouler, parlez-en, entourez-vous d’amis positifs, rester seul, prenez un moment de reconstruction, …. Choisissez ce qui vous convient le mieux.

Colère, tristesse, dégoût : les émotions sont importantes, c’est ce qui fait de nous des êtres humains – (c) Daniel Reche

2 – Analyser et apprendre d’un échec
Laissez ensuite de côté vos émotions, et forcez-vous à regarder votre échec en face.
Pour quelles raisons avez-vous échoué ? Posez-vous les bonnes questions :
Quelle a été votre plus grosse difficulté ? Que vous a-t-il manqué ? L’objectif que vous-vous étiez fixé était-il trop élevé ? Étiez-vous réellement préparé ? Etiez-vous vraiment motivé ?
Prenez du recul pour analyser. Trouvez la cause de cet échec pour apprendre.

Bien sûr c’est difficile car ce sont toutes les fondations de l’estime de soi ou de la confiance en soi qui tremblent lorsqu’on affronte un échec. Mais si la structure tremble, elle ne s’effondrera pas car elle a une base solide. Savoir qui on est, où on en est, c’est être plus enclin à laisser la situation d’échec à sa juste place : une expérience propice à l’apprentissage.
Pour reprendre confiance en soi, il faut alors vous appuyer sur vos points forts, vos qualités, vos succès antérieurs. Et vous fixer de nouveaux objectifs, à courts et moyens termes. La plupart du temps, les ressources pour rebondir sont déjà en nous. Nous devons les actionner, les réactiver.

Avec ces questions et ces réflexions vous pourrez analyser l’ampleur des efforts à réaliser, pour ne plus commettre les mêmes erreurs.
Trouvez un équilibre entre des pensées optimistes et des projets réalistes : pensez à votre réussite future, aux obstacles à franchir avant d’y arriver et aux solutions envisagées. Nous sommes imparfaits et apprenons au fur et à mesure. C’est ce qui nous donne la possibilité d’évoluer. Autant dès lors nous servir de l’échec et le rendre utile. L’échec n’est pas agréable, mais il est le passage obligé de notre apprentissage … même s’il ne s’agit pas du processus d’apprentissage le plus clément. L’échec est le témoin de notre progression.

Pour écrire cet article je me suis inspirée de « Rebondir sur l’échec » de Fred Colantonio et des deux articles suivants : https://lc.cx/WnfK et https://lc.cx/WnfW

 

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