Maîtriser son attention … tout un art !

Etes-vous attentif ? Je vous propose un petit test pour faire le point sur votre attention. Voici la consigne : regardez attentivement la vidéo ci-dessous. Deux équipes de joueurs de basket, l’une habillée en blanc et l’autre habillée en noir, se lancent un ballon. Comptez le nombre de passes entre les membres de l’équipe des blancs : http://urlz.fr/5mSN

Qu’est-ce que l’attention ?

Nous nous retrouvons plus bas pour la réponse ! Ce test a été mis au point en 1999 par Christopher Chabris et Daniel Simons, deux chercheurs en psychologie cognitive de l’Université d’Harvard.

Qu’est-ce que l’attention ?

L’attention est une fonction cérébrale qui mobilise nos 5 sens et nous assure la réception des informations provenant de notre environnement. En fait, il s’agit de tous les messages visuels, auditifs, olfactifs, tactiles, gustatifs. L’attention nous permet de percevoir aussi ce qui se passe en nous : sentiments, émotions, état physiologique. En tant que sportif, notre attention peut donc être attirée vers l’extérieur = encouragement des spectateurs, consignes du coach, vent, place de l’adversaire, … ou vers l’intérieur : douleur musculaire, mal au ventre, pensées, …

L’attention est très importante : elle favorise la perception et l’analyse rapide et automatique des informations. C’est un peu notre système d’alerte qui nous permet de réagir grâce à notre vigilance.

Alors votre réponse ? J’en ai compté 15. Et vous ? Mais au-delà de ces passes, avez-vous vu quelque chose qui sortait de l’ordinaire ? D’après les statistiques, environ 50% d’entre vous n’ont pas vu passer le gorille traversant la scène de droite à gauche en se frappant avec la poitrine avec les poings. Visionnez  à nouveau la vidéo si vous ne l’avez pas vu !

L’attention est limitée

Que nous révèle ce test ? Il illustre la limite de nos ressources attentionnelles. Quand nous effectuons une tâche qui requiert notre attention, comme compter le nombre de passes du ballon, nous pouvons difficilement prendre en compte un stimulus inattendu, comme le passage du gorille. Ce phénomène cognitif est connu sous le nom de « cécité d’inattention ».

Un deuxième test, le test du singe invisible (« The Monkey Business Illusion »), a été proposé avec les mêmes consignes. Les participants qui connaissaient le premier test ont été attentifs au nombre de passes du ballon ET au passage du gorille, de droite à gauche de la scène. Mais ils n’ont pas vu que l’un des joueurs de l’équipe en noir avait quitté la scène avec le gorille et que le rideau avait changé de couleur !  http://urlz.fr/REN

Lorsque notre attention est concentrée sur une seule chose, il peut nous arriver de ne pas remarquer d’autres choses même très évidentes dans notre champ de vision. On peut ne pas voir ce que l’on est pourtant en train de regarder. Il s’agit de la première caractéristique de l’attention : (1) lattention est une ressource limitée !

Que pouvons-nous donc faire face à la cécité attentionnelle? D’abord, en prendre conscience : lorsque nous concentrons notre attention sur quelque chose, inévitablement, il y aura des événements inattendus qui nous échapperont.

Si on fait quelque chose avec attention, on ne sait pas faire autre chose avec attention

C’est la façon dont notre cerveau fonctionne. Par exemple, tenir une conversation sur notre téléphone tout en conduisant prend une partie de notre attention (comme compter le nombre de passes de ballon) et diminue nos capacités à faire face à un événement inattendu qui se présenterait sur la route (tel un gorille).

Comment est-ce possible? En fait, pour ménager son énergie, le cerveau a tendance à focaliser son attention juste sur ce qu’on lui demande. Si on fait quelque chose avec attention, on ne sait pas faire autre chose avec attention. On rate le gorille parce qu’on est trop concentré sur les passes. Quand on regarde la vidéo sans les compter, le singe apparaît dans toute sa splendeur.  Etre attentif demande un effort et consomme plus ou moins d’énergie selon l’objet de l’attention, le contexte, mais aussi selon l’individu.  Notre système de traitement de l’information est limité en capacité.  Il est donc impossible de tout contrôler en même temps.

Dès lors, le sportif doit connaître les éléments sur lesquels il est important de porter son attention pour exécuter une tâche, une action motrice, un choix tactique, une réflexion etc.  avec réussite. Il ne peut pas tout contrôler !

Mais comment se fait-il alors que je puisse conduire et en même temps, parler avec mon fils ? Comment fait un joueur de tennis pour veiller à sa prise de raquette, se placer, préparer son coup, ajuster son placement, tenir compte du vent, de la position de l’adverse, choisir sa tactique, et finalement taper sur la balle ? Comment fait un pianiste pour lire sa partition et en même temps, placer ses doigts, au bon rythme, avec la bonne sonorité, sur les bonnes touches ? Comment fait un joueur de foot pour contrôler sa balle, avancer vers le but, surveiller le déplacement des adversaires, vérifier où se trouvent ses co-équipiers ?  Grâce à l’automatisation du geste.

Si une tâche est automatisée et ne requiert plus de contrôle attentionnel, alors l’addition d’une seconde tâche réalisée simultanément ne devrait pas dégrader la performance de la première tâche.

(2) L’attention peut être involontaire (ou automatique)

Imaginez que vous êtes dans une soirée en train de discuter avec quelqu’un et que tout à coup vous entendez votre nom, non loin de vous, dans une autre conversation. Vous prêtez automatiquement l’oreille, sans trop vous en rendre compte. Vous portez attention à ce stimulus, mais de façon automatique, c’est-à-dire sans vraiment exercer de contrôle sur votre attention. L’attention involontaire survient lorsqu’on devient attentif à quelque chose de précis autour de soi mais sans vraiment qu’il s’agisse d’un acte volontaire. Ainsi, certains stimuli attirent spontanément notre attention comme un bruit fort, un objet distrayant, une musique connue, etc. Ce processus automatique est rapide et demande peu d’efforts.

Conduisant depuis plus de 35 ans, ma conduite est devenue automatique ; quand je conduis mon fils à son entraînement,  mon attention peut être portée sur la conversation que j’ai avec lui.  Si une tâche est automatisée et ne requiert plus de contrôle attentionnel, alors l’addition d’une seconde tâche réalisée simultanément ne devrait pas dégrader la performance de la première tâche.

Mais si j’arrive à un carrefour dangereux qui, de plus, m’est inconnu : je stoppe net la conversation et je porte mon attention sur ma conduite dans le carrefour. Mon attention est donc bien limitée !

En résumé, lorsqu’une tâche est pratiquée de très nombreuses fois, elle devient automatique et demande alors beaucoup moins d’efforts pour être réalisée. Par contre, pour un conducteur débutant, ceci peut représenter un très haut degré de difficulté. La répétition a ainsi pour effet de libérer l’attention des détails superflus. La personne expérimentée peut alors considérer globalement la tâche, ce qui résulte finalement en une économie de temps appréciable.

Lorsqu’une tâche est pratiquée de très nombreuses fois, elle devient automatique et demande alors beaucoup moins d’efforts pour être réalisée.

Ainsi, un sportif ne pouvant réaliser une tâche non automatisée, doit orienter son attention vers trop d’informations extérieures et secondaires en même temps. Ceci entraîne une surcharge cognitive réduisant ainsi l’efficacité recherchée et altère la performance de manière plus ou mois significative selon les individus.

Mais, à contrario, un joueur de foot qui contrôle parfaitement  la balle du pied (contrôle automatique), peut mettre son attention sur d’autres éléments, comme le placement de ses co-équipiers et des adversaires  sur le terrain, par exemple. Nous verrons cela dans un prochain article !  A suivre  donc ….

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