[Récits de sportifs] – Catherine Bourlet : courir le marathon … pour me mettre au défi

Porté par un beau soleil printanier ce dimanche 9 avril, le marathon de Paris a réuni la grande foule sur le pavé parisien. Sur les 57 000 personnes inscrites, 46 000 coureurs, qu’ils soient amateurs ou professionnels, ont participé à cette 41ème édition. Ce fut une nouvelle fois un succès populaire. Partie des Champs-Elysées sous un grand soleil, Catherine était avec les 42 440 ‘finishers’ pour passer la fameuse ligne d’arrivée, après 42,195 km de parcours devant des milliers spectateurs qui avaient fait le déplacement pour les encourager. Juste incroyable !

La 41 ème édition du marathon de Paris a réuni la grande foule !

Bonjour Catherine, peux-tu nous en dire un peu sur toi ?

J’ai 44 ans, je suis une maman de 5 enfants ; j’ai toujours été sportive mais pas spécialement en compétition : le tennis, une activité familiale quand j’étais enfant, du VTT ensuite et enfin le jogging après ma séparation. Parce que c’était le seul sport que je pouvais faire facilement avec 5 enfants en bas âge : quitter la maison pour 30 minutes quand j’avais ces 30 minutes. C’est comme cela que j’ai commencé. C’était en 2012.

Pourquoi as-tu décidé de courir un marathon ? Pourquoi était-ce important pour toi ?

Parce que j’aime relever des défis. Donc je m’y suis mise et petit à petit j’ai progressé : chaque km de plus était une réussite. Et un beau jour, j’ai décidé de m’inscrire aux 20 km de Bruxelles : c’était un gros challenge d’autant que le jour J je n’avais encore jamais couru plus de 12 km. Ensuite toujours dans ce même ordre d’idées, j’ai décidé de courir le marathon.

Pour moi ces challenges que je relève en courant, je les relève aussi dans ma vie de maman solo. Il y a un vrai parallèle. Je dois me dépasser dans les deux cas. Et quand je réussis à augmenter mes km, je sais que cela me booste pour ma vie de maman et de femme. Le choix de ce marathon c’était un vrai dépassement de soi : 42,195 km de challenge parce que la vie d’un parent solo ressemble beaucoup à un marathon. C’est réellement symbolique. Ce défi était d’autant plus symbolique que le marathon a une véritable signification : il y a la transmission d’un message. Le marathon a été créé à l’occasion des Jeux olympiques d’Athènes de 1896 pour commémorer la légende du messager grec Phillippidès,  qui aurait parcouru la distance de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses en 490 av. J.-C.

Te définis-tu comme qq de fort dans ta tête ? j’entends par là un bon équilibre personnel et une grande stabilité émotionnelle pour faire face aux difficultés de la préparation, de la course et de l’après-course ?

Je pense que oui. Mais j’ai publié pas mal d’infos sur Facebook pour annoncer que j’allais courir ce marathon. Je l’ai fait pour ne pas avoir la possibilité de reculer, mais aussi pour obtenir beaucoup d‘encouragements. Il y a 2 ans, je m’étais déjà inscrite au marathon d’Amsterdam. Ce faisant, je voulais récolter de l’argent pour mon asbl « Solo mais pas seul » qui vient en soutien aux familles monoparentales (www.solomaispasseul.com). Mais alors que j’allais mettre mon sac dans la voiture, je me suis coincée le dos … et j’ai dû abandonner. Avec le recul je vois maintenant que je n’étais pas prête. Mais j’avais récolté de l’argent ! Aussi cette idée de réussir cette distance ne m’a plus quittée. Et c’est donc aussi avec cette envie folle d’enfin pouvoir remercier les donateurs que j’ai couru.

Donc ma motivation était bien forte ! A un niveau plus technique, je suis une grande solitaire : j’ai donc cherché les infos nécessaires pour me préparer dans des lectures, sur les réseaux sociaux, j’ai reçu des conseils, ….  La préparation prend du temps ; c’est un passage obligé mais ce n’est pas une contrainte même si on modifie beaucoup de choses : sommeil, sorties, repas, boisson, temps d’entraînement, etc.

Quant à la course, je voulais la terminer, tenir la longueur. Je n’ai donc pas démarré trop vite ; je voulais absolument arriver au bout  Je me suis arrêtée à chaque ravitaillement (tous les 5 km), je me suis bien hydratée, j’ai mangé le « pack marathon » (du gel, des pâtes de fruits) … et j’ai tenu.

Parcours du marathon de Paris 2017

Quel a été ton dialogue intérieur tout au long de ces 42 km ?

J’ai eu énormément de pensées positives. A l’approche des 30 km, surnommé le mur tellement ce moment est difficile et délicat, j’étais en pleine euphorie. Tout était merveilleux ! Mais peu après mon corps a commencé à souffrir et c’est devenu plus difficile. Mais je pense que la fatigue que j’avais était normale d’autant qu’on courait sous 28 °c. J’ai eu des doutes sur les 10 derniers kilomètres. On était dans le bois de Vincennes, il faisait chaud, beaucoup marchaient. Ce que j’ai fait aussi pendant 2 minutes pour permettre à mon corps de souffler. Mais jamais je n’ai eu l’idée d’arrêter. A parti du km 32, je me suis encouragée en avançant km par km. Chaque grand panneau annonçant que j’avais effectué un kilomètre supplémentaire m’a fait tenir. Je décomptais ! Courir devant ces milliers de personnes est extraordinaire.  Il y avait un monde fou, de la musique, des gens sympas … une ambiance portante ! Et puis la ligne d’arrivéeaprès 5h38Je l’ai passée en courant, je le voulais. C’était magique.

Je l’ai passée en courant !

Et après, quand la course est finie, quand c’est le retour au calme après avoir mené un gros projet où on a mis ses tripes, son temps, son énergie ?

C’est vrai qu’il y a eu des semaines et des semaines de préparation. Donc là, juste après, je me demandais : je fais quoi ? Physiquement c’était dur aussi. Je n’arrivais pas à dormir correctement … sans doute l’adrénaline. Je me suis reposée. Je récupère. Il y a peu d’articles sur l’après-marathon. Je ne savais pas trop quoi faire. Et pourtant c’est un moment difficile. Il faut oser le dire.

Et maintenant ?

L’envie me titille de refaire un marathon, mais plus près pour que mes enfants puissent venir sur la ligne d’arrivée : Bruxelles peut-être ou Bruges ? Ou alors … un triathlon ! Je réfléchis encore !

La motivation est notre force motrice qui nous invite à passer à l’action et rend vivant et efficace ce que nous faisons. Nos sources de motivation sont spécifiques. Mais, ce qui reste valable pour nous tous, c’est que si l’on s’engage dans un projet qui répond à nos besoins et fait écho à nos valeurs fondamentales, nous le mènerons à bien. Avec succès !

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