Se fixer des objectifs pour progresser et surmonter l’anxiété

Devenir champion du monde demande beaucoup de travail. Un tel accomplissement n’est possible qu’à condition de se fixer judicieusement des objectifs quotidiens, hebdomadaires et à long terme.  Cependant, même si le souhait du sportif n’est pas celui-là, la fixation de buts lui donnera toute l’énergie nécessaire pour devenir plus productif et plus efficace.

Cet article se propose de présenter un certain nombre de principes reconnus pour que les objectifs fixés aient des effets positifs sur l’optimisation de la performance et le contrôle de l’anxiété (Jean-Pierre Famose, Christine Le Scanff).

Les buts fixés ont des effets positifs sur l’optimisation de la performance et le contrôle de l’anxiété

Rappelons tout d’abord que l’anxiété est maximale quand deux conditions sont remplies :

° il existe une grande incertitude quant à l’atteinte du résultat. Ce que l’on peut traduire par « les chances que se donne un sportif d’atteindre un résultat espéré ». Il y a là, une confrontation entre la difficulté perçue et son habileté perçue. Plus la probabilité de succès est faible, plus la situation est anxiogène.

° une valeur importante est accordée à un résultat particulier. Cela peut être dans le cas où une sélection dépend du résultat de la compétition par exemple. Cela peut aussi être fréquemment le cas en compétition où l’enjeu choisi par l’athlète est la victoire.

Si un sportif est incertain par rapport au résultat à atteindre et  si ce résultat est hyper important pour lui, le sportif va évaluer la situation comme dangereuse. Cette compétition représente une menace. La conséquence est l’anxiété. On devient anxieux car il y a un enjeu. Une partie de notre attention est utilisée à se faire du souci.

On devient anxieux car il y a un enjeu

Cette menace est accentuée chez les athlètes qui traversent des périodes de doute, cercle vicieux infernal car le doute ne fait que renforcer l’anxiété qui a elle-même des effets destructeurs sur la performance. Dès lors, le contrôle de ces états émotionnels constitue l’une des préoccupations centrales des psychologues du sport. Diverses techniques de préparation mentale (relaxation, imagerie mentale, etc.) sont traditionnellement utilisées pour cela.

Mais en amont de ces différentes techniques, la fixation de but semble offrir à l’athlète et à l’entraîneur un moyen ‘pratique’ de gestion de l’anxiété, d’amélioration de la confiance en soi et d’optimisation de la performance.

En sport, les objectifs sont multiples. Par exemple, un athlète peut se fixer comme but d’atteindre un temps particulier sur une épreuve donnée pour la prochaine compétition. Un autre peut décider d’acquérir telle ou telle technique avant la fin de l’année. Une équipe peut envisager de devenir première du championnat. Les objectifs conscients sont les régulateurs les plus immédiats et les plus directs de l’action humaine. Ils influencent la performance de quatre façons (Locke et Latham, 1985).

(1) En premier lieu, ils guident l’attention vers les aspects importants de la tâche à accomplir. Quand un entraîneur fixe à des joueurs les buts suivants : « 60% de réussite aux coups droits, huit passes décisives, faire l’ascension en 45 sec, améliorer son temps de réaction « , il oriente l’attention de ses joueurs vers les compartiments du jeu à perfectionner.

Les objectifs guident l’attention vers les aspects importants de la tâche à accomplir

Grâce à la fixation de buts, l’athlète focalise son attention sur l’atteinte de l’objectif lié à cette tâche. Quand aucun but n’est défini, l’attention du sportif vagabonde : il peut penser au score,  se comparer aux autres, se laisser envahir plus facilement par un discours négatif …. Et l’anxiété prend le dessus.

(2) En second lieu, les objectifs incitent à l’effort. Une fois son attention focalisée sur un objectif donné, l’athlète doit déployer des efforts nécessaires pour atteindre ce but. Cette incitation à l’effort va produire des effets bénéfiques entraînant l’amélioration des performances. Plus le but est difficile à atteindre, plus l’effort fourni est élevé, plus la confiance en soi va s’élever. Faire des efforts porte ses fruits et permet donc une augmentation de la confiance.

Faire des efforts porte ses fruits et permet donc une augmentation de la confiance

A l’entraînement, un golfeur peut s’imposer de rentrer cent putts consécutifs de 2 mètres en utilisant sa seule main droite. C’est une illustration de la persévérance à l’entrainement. Il faut se fixer des buts pour parvenir à un haut niveau d’habileté.  L’investissement personnel est au service d’un but que le sportif (ou son entraîneur) s’est fixé et qu’il s’efforce d’atteindre.

(3) Troisièmement, les buts amènent le participant à persévérer plus longtemps, jusqu’à ce que le but  soit atteint en créant pour ce faire, des sous-buts. Le succès passe par une persévérance sur le long terme.

L’atteinte successive de sous-objectifs encourage l’athlète à persévérer

Par exemple, un coureur de longue distance (10 000 m) peut trouver ennuyeux et difficile de se soumettre à de longs entraînements afin d’atteindre un temps particulier sur cette distance. Si l’entraîneur constitue un plan de course qui mentionne cinq ou dix temps de passage à atteindre, la tâche apparaît moins décourageante : l’atteinte successive de temps intermédiaires encourage l’athlète à persévérer jusqu’au temps final projeté.

(4) Enfin, les buts favorisent la mise au point de nouvelles stratégies d’apprentissage : la difficulté d’atteindre certains objectifs peut motiver le sportif à utiliser d’autres formes d’apprentissage ou d’entraînement afin de parvenir à ses aspirations.

On le voit, se fixer des buts a un effet positif sur l’optimisation de la performance et favorise aussi la performance de manière indirecte en ayant des effets sur le niveau de confiance, d’anxiété ou de satisfaction.

Tous les athlètes de haut niveau se fixent spontanément des buts : « Faire partie de l’équipe nationale », « être champion olympique », « avoir 70% de réussite au tir », « prendre du plaisir », « améliorer son chrono ».

Les athlètes de haut niveau se fixent des objectifs et planifient un programme efficace pour les atteindre

Alors pourquoi inciter les sportifs à formuler des objectifs s’ils le font naturellement ? Simplement parce que la difficulté ne consiste pas à se fixer des objectifs. Le problème est de (se) fixer de bons objectifs et de planifier un programme efficace pour les atteindre. Nous avons tous pris un jour de « bonnes résolutions », et nous savons qu’il est plus facile d’établir un but que de l’atteindre. A partir de la recherche et de l’expérience, il est possible de formuler plusieurs principes fondamentaux relatifs à la fixation de but efficaces en sport. Nous les verrons dans un prochain article.

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