Les stratégies pour faire face au stress négatif (2)

Dans l’article précédent (Stratégies pour faire face au stress négatif (1)), nous avons vu que lorsque nous sommes  confrontés à des demandes physiques et psychologiques très intenses, nous y répondons par diverses stratégies pour faire face et s’adapter. Ce processus semble particulièrement utile au sportif de haut niveau, soumis à des contraintes très importantes, parfois qualifiées d’extrêmes (Rivolier, 1992). De nombreuses études ont, d’ailleurs, été entreprises pour identifier les agents de stress et leurs effets sur la santé et la performance du sportif (Le Scanff, Famose, 1999).

Les premières, les stratégies centrées sur le problème,  visent à anticiper l’arrivée du stress, à faire en sorte de réduire l’exposition. On peut distinguer les actions préventives, qui consistent à anticiper l’action et donc à réduire la menace (rassembler des informations, gérer des objectifs, gérer le temps, rechercher des solutions) et les actions dites agressives, qui attaquent ou réduisent la source du problème. Dans un coping centré sur le problème,  l’individu confronté à une situation de stress se mobilise donc pour analyser la tâche à résoudre et rechercher des informations supplémentaires pour tenter de trouver une solution. L’athlète cherche à augmenter ses propres ressources pour mieux y faire face. Cette première stratégie consiste à gérer, agir sur, ou modifier le problème qui est à l’origine du stress.

Chercher à à augmenter ses propres ressources pour mieux y faire face

Les secondes, celles qui sont centrées sur les émotions, agissent quand les stratégies précédentes ne sont pas efficaces ou simplement insuffisantes : elles correspondent à des stratégies permettant de réduire les effets secondaires du stress, à réguler les tensions émotionnelles. Elles ne changent rien à la relation personne-environnement, mais permettent à la personne de se sentir mieux. Elles se présentent souvent sous la forme d’activités anti -stress comme la relaxation, la pratique de la respiration abdominale, etc. Dans un coping centré sur les émotions, le plus urgent est de trouver des moyens pour modérer l’intensité des émotions négatives. Cette deuxième stratégie revient donc à réguler la réaction émotionnelle engendrée par ce stress.

Réduire les effets secondaires du stress, à réguler les tensions émotionnelles

Enfin, le coping centré sur le soutien social, consiste à obtenir la sympathie et l’aide d’autrui.  Selon Avison & Gotlib (1994), la notion de support social désigne le fait qu’une personne ait un réseau social plus ou moins large, composé de personnes auxquelles elle peut faire appel et qui sont susceptibles de lui offrir un certain soutien. Le support social semble avoir principalement deux façons de contribuer à un coping efficace: premièrement, indépendamment du niveau de stress présent dans la vie d’une personne, le support social constituerait un facteur protecteur au sens où il procurerait un support émotionnel susceptible de renforcer la confiance en soi et l’estime de soi. Deuxièmement, selon l’hypothèse connue sous le nom de « l’effet buffer », le support social interviendrait entre l’événement stressant et l’expérience de stress, en amortissant l’impact du stress sur le bien-être de l’individu, par exemple en lui procurant des conseils qui l’aideraient à mieux évaluer la situation et à planifier des stratégies de coping plus adéquates.

Le support social renforce la confiance en soi et l’estime de soi.

Différentes études démontrent que les stratégies centrées sur le problème semblent plus efficaces à long terme si l’événement est perçu comme contrôlable par le sujet, donc dans des situations où quelque chose peut être fait par la personne pour gérer la ‘menace’ ou modifier les conditions qui sont à l’origine du stress. Les personnes qui essaient de gérer le problème tendent à mieux s’adapter aux stresseurs rencontrés, et à présenter moins de symptômes psychologiques que ceux qui se focalisent sur les émotions ressenties. Mais si l’événement paraît incontrôlable, alors les stratégies centrées sur l’émotion sont plus efficaces. Elles sont généralement plus adaptées à court terme.

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