Les stratégies des jeunes golfeurs élites pour gérer leur stress

L’incapacité à gérer le stress en compétition peut avoir un impact négatif considérable sur la performance d’un athlète (Lazarus, 2000). Il est donc important que les jeunes athlètes de haut niveau apprennent à bien gérer les situations stressantes, surtout s’ils aspirent à poursuivre leur carrière sportive au niveau élite adulte. À ce jour, les stratégies utilisées par les jeunes athlètes pour gérer leur stress en compétition sont encore peu connues.

Les stratégies utilisées par les jeunes athlètes pour gérer leur stress en compétition sont encore peu connues

Le « faire face » (ou coping) réfère aux différents moyens utilisés pour tenter de gérer le stress. Nous l’avons vu dans les articles précédents (Stratégies pour faire face au stress négatif (1)Stratégies pour faire face au stress (2)) : les stratégies de coping sont principalement classées selon deux orientations : problème et émotion (Lazarus, 1999). Les stratégies axées sur le problème sont utilisées pour tenter de diminuer le stress en travaillant sur la cause du stress. Cette stratégie amène donc l’athlète à gérer son environnement en améliorant sa planification d’entraînement, en augmentant ses efforts, etc. Les stratégies axées sur l’émotion sont utilisées pour mieux gérer les réponses émotionnelles en lien avec le stress vécu. Par exemple, un athlète peut utiliser des techniques de relaxation pour tenter de modifier ses réponses physiologiques au stress (Beck, 2000). Une troisième stratégie, le coping d’évitement, implique l’effort psychologique (distanciation cognitive) et comportemental (se retirer de la situation) de se désengager d’une situation stressante.

Le golf est un sport de choix pour étudier les stratégies de  « faire face » ou coping puisque les golfeurs font face à une attente considérable entre chacun de leurs coups. Ainsi, l’intervalle de temps entre les coups amène un facteur de stress potentiel et les stratégies de coping qui s’en suivent. Le but de la présente étude était donc d’identifier la nature du facteur de stress vécus par les jeunes golfeurs élites ainsi que d’examiner les stratégies de coping utilisées pour gérer ces stress. Pour se faire, les athlètes devaient remplir un journal de bord lors de la période de compétition la plus importante de leur saison, soit le mois de juillet.

Le golf est un sport de choix pour étudier les stratégies de « faire face » ou coping puisque les golfeurs font face à une attente considérable entre chacun de leurs coups.

Une liste des facteurs de stress, divisée en huit catégories (commettre des erreurs physiques ou mentales ; être critiqué par son entraîneur ; observer un adversaire tricher ; faire face à la douleur, blessure ou maladie ; être victime d’une mauvaise décision d’un arbitre ; observer un adversaire qui performe bien ; conditions météorologiques difficiles ; et être distrait par la foule), était remise aux athlètes. Après chaque journée de golf (pratique ou compétition), ceux-ci devaient cocher les facteurs de stress vécus et indiquer les stratégies utilisées pour les gérer.
Les athlètes ont rapportés un total de 369 facteurs de stress et 460 stratégies pour y faire face. Les quatre facteurs de stress les plus cités étaient : de commettre des erreurs techniques (29%), des erreurs mentales (23,8%), observer un adversaire bien performer (13,3%), ainsi que des conditions météorologiques difficiles (8,7%).

Pour ce qui est des stratégies de coping, le blocage (tentative d’ignorer les pensées stressantes) était la stratégie la plus fréquemment utilisée (11,3% des stratégies), suivi par l’augmentation de la concentration (9,1%), et enfin par les ajustements techniques (8,9%). Il est à noter que le blocage est une forme d’évitement cognitif qui peut être efficace pour des facteurs de stress mineurs qui ont une forte probabilité de se résorber d’eux-mêmes. Par ailleurs, il est fort probable que le blocage soit inefficace pour les facteurs plus importants et durables puisque cette stratégie ne permet pas nécessairement à l’athlète de s’attribuer un contrôle face aux situations stressantes. La stratégie de coping la plus fréquemment utilisée par ces athlètes ne serait peut-être pas idéale à long terme.

En conclusion, les résultats de cette étude ne peuvent pas nécessairement être généralisés à tous les athlètes de tous les sports. Cependant, l’étude fait la lumière sur les facteurs de stress typiques vécus par les jeunes golfeurs élites et leurs stratégies de coping correspondantes. Des recherches futures, utilisant un journal de bord, pourraient examiner l’efficacité des stratégies de coping employées et la relation possible entre les stratégies de coping et la performance.

Source

Nicholls AR, Holt NL, Polman RCJ, James DWG. Stress and coping among international adolescent golfers. Journal of Applied Sport Psychology 2005; 17: 333-340.

Cet article provient d’une étude de l’Institut National du Sport du Québec – Montréal : Julie Senécal – M.A. Consultante en psychologie du sport, Montréal, Québec et André Fournier – directeur INS Québec – Montréal

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